Peur et mal-être

Peur du vent, peur du vide, peur de l’accident, peur de l’agression, peur de la chute, peur de la perte, peur d’être seul, peur d’échouer, peur d’être jugé, peur d’être manipulé, peur d’aborder le futur, peur de perdre le contrôle, peur de vivre, peur de mourir…

Elles peuvent être multiples, et bien qu’elles soient parfois utiles à notre survie, les peurs peuvent entraîner un mal-être profond qui se traduit par de l’agacement, des crispations, des frustrations, des angoisses, des névroses, voire une dépression. Elles peuvent tétaniser l’individu, l’empêchant d’agir adéquatement.

D’après Bernard Sensfelder auteur du livre, Vaincre peur et culpabilité grâce à l’autohypnose et aux neurosciences, la peur est une contraction du corps, issue de mécanismes inconscients.

Pour comprendre l’origine de ce blocage, il est nécessaire de se pencher sur le fonctionnement de notre cerveau. D’après lui, nous ne sommes pas les créateurs de notre mal-être mais nous subissons ce qui est généré dans le cerveau. En Occident, nous sommes imprégnés d’une croyance puissante qui considère que nous sommes notre cerveau.

Les influx nerveux induisent des états émotionnels de faible ou de forte intensité. Ainsi, lorsque nous réagissons par une émotion forte d’agacement, notre cerveau envoie un signal de perturbation dans l’influx nerveux. En fonctionnant à l’économie, le cerveau trie des informations complexes et utilise des trajectoires très courtes. En clair, il bifurque et entraîne parfois, une mauvaise interprétation des informations. Cela se joue au niveau du thalamus (centre de tri) sous l’égide de l’amygdale et de l’hippocampe qui ont un rôle déterminant dans la gestion des peurs et de la mémoire (système limbique).

Dès lors, nos réactions de peur se déroulent en dehors du néo-cortex, de façon totalement inconscientes. Ces réactions peuvent parfois être issues de notre éducation, de programmes comportementaux transmis de générations en générations. Par exemple, une peur du chien chez un enfant, peut être le leg d’un grand-père qui a été mordu par un chien, autrefois.

Notre perception du Monde est le fruit de ce qu’interprète le cerveau

Avec la découverte des neurones miroirs par Giacomo Rizzollatti, nous pensons que nous vivons ce que le cerveau interprète en permanence, en dehors de notre Conscience. Dans ce cadre, tout ce que l’autre dit ou fait, le cerveau le répète.

Nous n’avons pas réellement accès à la réalité du Monde telle qu’elle est mais à l’interprétation qu’en fait notre cerveau.

Lorsque nous mobilisons les aires motrices pour effectuer un mouvement, les zones activées sont ;

  1. le reptilien (sensations, besoins primaires)
  2. le limbique (ce qui permet de définir ce que j’apprécie de ce que je n’apprécie pas)
  3. la base du néo-cortex (les repères inconscients du cerveau)
  4. le néo-cortex (la pensée)
  5. puis seulement, il y a activation des aires motrices par le mouvement

Depuis les découvertes récentes de Damasio qui s’appuie entre-autre, sur l’expérience de Benjamin Libet en 1983, nous savons que le mouvement précède la pensée, quelques centaines de millisecondes, à notre insu. Cette théorie de la pensée qui serait le fruit de nos émotions, remet en cause la notion de libre-arbitre et des comportements volontaires. D’ailleurs, elle est encore débattue dans le monde scientifique…

“Nous ne sommes pas libres, mais nous pouvons le devenir”

Spinoza

D’après Spinoza, nos programmes comportementaux sont soit acquis, soit innés, et découlent de notre éducation. Par conséquent, la plupart du temps, nos conditionnements s’acquièrent de façon irrationnelle.

Système d’adaptation et lâcher-prise

Dès la naissance, le bébé s’adapte sans agir, sans analyser, sans chercher à comprendre, etc. Comme il n’a pas la capacité d’agir sur son environnement, il est dans un système global de lâcher-prise. Mais lorsqu’il atteint l’âge adulte, il commence à vouloir comprendre les choses qui l’entourent et à vouloir les contrôler. Il bascule alors, vers le système d’apprentissage, qui passe par le conditionnement du corps et de la pensée. Dans le système d’apprentissage, les frustrations et le mal-être apparaissent et se traduisent par une tension du corps, d’intensité variable, en fonction de l’individu. La peur illustre cette crispation lorsque le système d’apprentissage dysfonctionne.

Élever notre Conscience à un niveau supérieur et élargir notre palette comportementale

Le seul moyen de sortir de nos conditionnements consiste à élargir notre palette comportementale et à reprendre le contrôle des réactions émotionnelles du cerveau, accéder à plus de lucidité.

La mise à jour des comportements inconscients s’effectue durant notre sommeil ou au moment des rêves.

Grâce à la Sophrologie, nous pouvons nous installer rapidement dans un niveau paradoxal d’éveil (entre veille et sommeil) et déployer des capacités cognitives nouvelles (augmentation d’attention, de concentration, capacité mnésique, reprogrammation…), quitter les peurs irrationnelles en renforçant notre présence, dans l’ici et maintenant, explorer d’autres possibilités et augmenter notre liberté.

La Sophrologie permet de passer d’une réponse réflexe tributaire de nos conditionnements culturels et éducatifs, à une réponse plus créative.

Ce processus passe par le développement équitable de nos fonctions sensorielle, émotionnelle, intuitive, analytique, desquels émerge notre capacité à transcender l’expérience.

L’exploration de la Conscience humaine, s’appuie sur ;

  • le principe de phénoménologie (science des phénomènes mentaux selon Husserl + apports de Caycedo) => le non-jugement
  • le principe du schéma corporel comme réalité vécue => corps vécu et ressenti
  • le principe d’action positive
    • toute action positive sur n’importe quel élément de la Conscience, harmonise, dynamise notre avenir et relativise notre passé
  • le principe de réalité objective
  • l’ordre chronologique d’exploration de la Conscience
    1. présent
    2. futur
    3. passé

Avec un entraînement sophrologique adapté, nous créons une habitude du vécu positif et nous laissons place aux possibles, nous éveillons notre Conscience du Monde intérieur et extérieur, à un niveau supérieur.

Nous accédons au Monde tel qu’il est. 

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